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Alimentation pendant l'allaitement : Stop aux idées reçues !

2 mars 2016 |

Diététique
Alimentation pendant l'allaitement : Stop aux idées reçues !

Véronique Boulinguez-Jouan est sage-femme puéricultrice, consultante en lactation à la maternité de Port Royal à Paris et auteur de Allaiter : pourquoi ? Comment ? (éditions le cavalier bleu). Elle démêle ici le vrai du faux concernant l’alimentation de la mère qui allaite.

QUAND ON ALLAITE, NUL BESOIN DE MANGER BEAUCOUP PLUS

VRAI : La mère qui allaite doit consommer au moins 1800 Kcal par jour, soit quelques centaines de calories supplémentaires à ses besoins habituels. S’il est naturel qu’elle mange légèrement plus, nul besoin pour elle de changer d’alimentation. Car la composition de son lait reste très stable et varie peu selon ce que la femme consomme. De même, les compléments alimentaires sont inutiles. En période d’aménorrhée, la mère dispose de plus de fer. Et trois produits laitierspar jour suffisent à ses besoins en calcium.

ON NE PEUT PAS ALLAITER SI ON PREND DES MÉDICAMENTS

FAUX : Beaucoup de médicaments sont compatibles avec l’allaitement. Pour les connaître, les professionnels de santé peuvent consulter le site Internet du Centre de référence  sur les agents tératogènes (www.lecrat.org). Quand un médicament est contre-indiqué, un autre utilisant une molécule différente peut être proposé. En revanche, il faut éviter l’automédication.

IL FAUT BOIRE PLUS

VRAI : L’un des signes objectifs d’une tétée efficace est que la mère a soif. Mieux vaut toujours garder à portée de main une bouteille d’eau plate ou gazeuse ou de la tisane. Inutile de se fixer des objectifs chiffrés de consommation : c’est trop stressant. Simplement, si la couleur de l’urine de la mère est trop foncée, c’est qu’elle ne boit pas assez. Inversement, s’assoiffer ne résoudra jamais un problème d’engorgement. Sans se priver
de café, mieux vaut limiter sa consommation à trois tasses par jour, car la caféine passe dans le lait et son élimination est plus lente chez le nouveau-né.

LA BIÈRE FACILITE L’ALLAITEMENT

FAUX : L’alcool freine la sécrétion d’ocytocine, qui permet l’éjection du lait. L’alcool est à éviter pendant l’allaitement. Occasionnellement, une mère peut boire un verre et s’abstenir d’allaiter pendant les trois heures qui suivent ; le temps que l’alcool présent dans son lait se dissipe. Quant au malt d’orge existant dans la bière sans alcool, qui favorise la lactation, mieux vaut le trouver dans la poudre d’Ovomaltine. Car toute bière “sans alcool” en contient tout de même un peu.

IL FAUT ÉVITER LA CHARCUTERIE ET LE LAIT CRU

FAUX : Il n’y a plus aucun risque de transmission de listériose ou de toxoplasmose au bébé une fois qu’il est né. Ce sont des aliments à proscrire seulement pendant la grossesse.

CERTAINS ALIMENTS DONNENT UN GOÛT AU LAIT

VRAI : Oignons, asperges ou choux, par exemple, le parfument. Mais rien n’empêche la femme d’en consommer : l’enfant a déjà été habitué à l’alimentation de sa mère via le liquide amniotique. Les enfants allaités sont d’ailleurs moins difficiles au moment de la diversification alimentaire, car ils ont eu la chance de goûter un laitmaternel aux saveurs variées.

IL FAUT BANNIR LES ALIMENTS QUI AFFAIBLISSENT LA LACTATION

FAUX : Le persil, l’oseille et la sauge sont réputés diminuer la lactation. Mais aucune étude ne l’a vraiment prouvé. Et il faudrait en consommer une très grande quantité pour que les effets soient notables. C’est surtout le mauvais drainage du sein qui affaiblira la lactation. Si le bébé ne tète pas correctement, la mère peut louer un tire-lait pour bien vider et drainer son sein à chaque tétée. Elle aura d’autant plus de lait.

LES SUBSTANCES ALLERGÈNES PASSENT DANS LE LAIT

VRAI : Toutes les mères devraient éviter de consommer des arachides pendant  la grossesse et l’allaitement. En cas d’allergie dans la famille, il est bon que l’enfant soit protégé le plus longtemps possible par les protéines du lait de sa mère. Si le bébé a besoin d’un biberon de complément, mieux vaut bannir le lait premier âge et préférer un lait hypoallergénique. En cas d’antécédents d’allergies chez l’un des deux parents ou dans la fratrie, un régime peut être proposé par le médecin.

UNE FEMME VÉGÉTARIENNE NE PEUT PAS ALLAITER

FAUX : Un régime végétarien avec des oeufs, du lait et des produits laitiers est assez équilibré pour être compatible avec un allaitement. Le végétalisme, en revanche, entraîne parfois des carences en vitamine B12, vitamine D, fer, iode et calcium. C’est le seul régime qui nécessite la prise d’un complément alimentaire en vitamine B12. La mère végétalienne qui souhaite allaiter sera très bien conseillée par un nutritionniste.

PAS DE RÉGIMES AMAIGRISSANTS PENDANT L’ALLAITEMENT

VRAI : Ils sont contre-indiqués, car ils libèrent des toxines que l’on peut retrouver dans le lait. La chance de la femme qui allaite, c’est que les graisses stockées pendant la grossesse sont mobilisées pour la fabrication du lait. Il lui suffit donc d’éviter le grignotage, tentant en cas de fatigue. Et, idéalement, de ne pas consommer les graisses saturées des plats préparés. Si une femme est embêtée par un surpoids, elle peut se faire guider par
un nutritionniste pour un régime en douceur.

signé Audrey Guiller

Plus D'infos

L’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) publie deux guides gratuits et très utiles à la mère qui choisit l’allaitement maternel.

Le guide de l’allaitement maternel téléchargeable sur :
www.inpes.sante.fr/30000/pdf/0910_allaitement/Guide_allaitement_web.pdf

Le guide nutrition accessible sur :
www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1059.pdf

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