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De la suite dans les IDEes

30 novembre 2018 |

Métiers de la santé
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Après trois années d'études, les jeunes infirmiers diplômés d'Etat (IDE) font l'expérience du terrain. Heureux ? Déçus ? A eux de nous le dire. Direction Rennes.

Infirmier... Comment vous est venue l'idée ?

Thomas Chevalier - 23 ans

Ma mère est infirmière en IME. Mon frère est handicapé. En famille, j'ai toujours baigné dans l'univers du soin. J'ai fait un choix de conviction, influencé par mon milieu. Sauf qu'à 16 ans je me voyais plutôt infirmier libéral. Pour être mon propre patron et conduire une belle voiture !

Coline Journée - 25 ans

Un peu par hasard. Le copain de ma sœur est aide-soignant. Il m'a parlé du métier. Allier le social et le médical, ça me disait bien.

Quelle formation avez-vous suivie ?

TC. Après mon bac S, j'ai intégré l'IFSI du Pôle Santé Valentine Labbé La Madeline (près de Lille - 59). Trois ans d'études avec beaucoup de stages. En clinique, en EHPAD... J'ai bien aimé ce côté "alternance". Je ne suis pas fait pour rester assis à un bureau. J'aime le mouvement. J'aime me servir de mes mains.

CJ. J'ai passé les concours après une prépa. Je me suis formée à l'IFSI Croix-Rouge de Laval (53). Pas mal de théorie, beaucoup de pratique. Long séjour, court séjour, psychiatrie... J'ai bien aimé. Mais j'ai beaucoup bossé.

Avez-vous trouvé du travail facilement ?

TC. J'ai signé mon CDI au centre hospitalier privé (CHP) de Saint-Grégoire (35) six mois après avoir obtenu mon diplôme. J'ai de la chance, je suis un garçon. Si, si... c'est un avantage. Le métier est encore très féminisé. Les établissements cherchent à rééquilibrer leurs effectifs avec une plus grande mixité.

CJ. Mes choix étaient un peu limités car je n'avais pas le permis de conduire. Je ne suis restée que trois mois au chômage avant de signer un CDI dans un EHPAD, à Cesson-Sévigné (35). Par sécurité car je savais que ce serait provisoire.

Quelles spécialité avez-vous choisie ?

TC. Le bloc opératoire. Parce que ça bouge !

CJ. La puériculture. Parce que j'aime les enfants, le contact avec les parents, la relation éducative...

Quelles sont vos conditions de travail ?

TC. Je travaille 35h par semaine, réparties sur quatre jours - deux journées de 12h, une matinée et une après-midi. Petit à petit, je vais faire des nuits, des astreintes et des gardes. Mais je dois d'abord me former à toutes les spécialités. L'hôpital compte 24 blocs de chirurgie. Pour l'instant, j'alterne entre ORL, urologie, maternité et maxillo-faciale.

CJ. J'ai démissionné après huit mois de travail en EHPAD pour entrer en école de puériculture. Néanmoins j'en garde un bon souvenir.

Comment avez-vous été accueilli(e) ?

 TC. Avec bienveillance. C’est d’autant plus appréciable qu’un jeune IDE n’y connaît rien en chirurgie ! Les techniques opératoires, ça ne s’apprend pas à l’école. Mes collègues sont mes formateurs. J’observe, j’écoute. Même diplômé, je suis toujours en apprentissage. Je fais office d’IBODE sans avoir passé le concours. Mais je suis ultra motivé. Je ne serai pas le boulet qui ralentit l’équipe !

CJ. J’ai été "doublée" un jour seulement. C’est un peu court pour se familiariser avec l’organisation ou l’outil informatique. Je me suis vite retrouvée dans le grand bain. Confrontée à ma première fin de vie, je me suis sentie un peu démunie…

Ce qui vous plaît le plus ?

 TC. Au bloc, je suis sous les ordres du chirurgien. Je ne suis pas livré à moi-même. C’est rassurant quand on débute. Dans les services, l’infirmier doit assumer plus de responsabilités en l’absence du médecin - le relationnel avec les patients, les aides-soignants… -.

 CJ. Se dire que l’on fait du bien aux gens et qu’on est utile… Parler, rassurer… L’écoute compte autant que la technique.

 Ce qui vous plaît le moins ?

TC. La charge de travail est parfois un peu lourde quand la semaine "s’étire" jusqu’à 50h. Mais je viens d’arriver, je ne vais pas refuser de travailler plus ! J’ai envie de bien faire, d’apprendre vite pour être autonome.

 CJ. En EHPAD, j’étais toute seule le week-end. Une infirmière pour 54 patients ! C’est une lourde responsabilité. On a peur de mal faire. Le soir, je rentrais à la maison avec les problèmes des résidents en tête. Je n’arrivais pas à "décrocher". Quant aux horaires, c'est vrai qu'il y toujours un décalage entre la théorie et la réalité.

Comment voyez-vous la suite ?

TC. Je vais emmagasiner le maximum d’expérience au bloc. Je passerai peut-être le concours d’IBODE. Le service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) me tente aussi. J’irai où ça bouge.

CJ. Je peux travailler en crèche, en hôpital ou en PMI. Je n’ai pas vraiment de préférence. Tout me plaît. Mais je vais peut-être commencer par l’hôpital -pédiatrie, néonat…- pour ne pas perdre trop vite la main sur les gestes techniques. L’administratif, les RH… ça attendra !

Propos recueillis par Olivier Brovelli

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