5 min

Prévention

Octobre rose : faire parler les gènes pour que jamais la maladie ne survienne

7 octobre 2019 |

Prévention
Octobre rose, génétique, prévention, cancer

A l'Institut Curie, la génétique offre une chance de ne jamais développer un cancer du sein ou de l'ovaire.

Les femmes les plus exposées de par leur histoire génétique familiale ont une chance de ne jamais développer de cancers du sein ou de l'ovaire. Professeur de génétique à l'Université Paris Descartes et chef du service de génétique de l'Institut Curie, Dominique Stoppa-Lyonnet qui pilote ce service de pointe de l'Institut Curie explique l'intérêt de ces batteries de tests préventifs pour faire parler les gènes avant que la maladie ne survienne. Des tests qui présentent aussi désormais un intérêt thérapeutique.

Lyonnet.jpg

Dominique Stoppa-Lyonnet

Les prédispositions aux cancers du sein et de l'ovaire sont de mieux en mieux étudiées notamment chez les femmes les plus concernées. Aujourd'hui certaines indications et situations conduisent à proposer des tests aux femmes dont la mère a été atteinte ou traitée d'un cancer du sein. « Ces facteurs génétiques sont associés à un risque de cancer du sein de 70 % avec un âge moyen au diagnostic de 45 ans et risque de cancer de l'ovaire dont l'âge moyen au diagnostic est plus tardif » précise Dominique Stoppa-Lyonnet. Ces tests permettent aujourd'hui de mieux comprendre l'histoire génétique de la maladie pour repérer ces femmes à risque dans le cadre de consultations génétiques proposées dans des structures hospitalières de cancérologie au premier rang desquelles les centres de lutte contre le cancer, dont l'Institut Curie reste précurseur.

Priorité aux prédispositions des cancers du sein et de l'ovaire

Créées il y a plus de 20 ans, ces consultations de pointe en termes de prévention ne désemplissent pas. Le cap des 5000 consultations sera même franchi cette année. Dans 83 % des cas, l'essentiel de la consultation concerne les prédispositions aux cancers du sein et de l'ovaire. En sept ans, ce dépistage a déjà changé la trajectoire de plus de 2000 femmes à haut risque de cancer du sein et de l'ovaire qui font désormais l'objet de la plus grande attention dans le cadre d'un programme personnalisé de suivi (PPS).

Nos gènes deviennent de plus en plus bavards

Trois cas dans la même branche parentale ou deux cas en prenant en compte le critère de l’âge de développer la maladie sont autant de signaux d’alerte. Cela repose aussi sur des histoires individuelles, ces femmes qui ont eu un cancer aux deux seins avec une première atteinte avant 50 ans, ces femmes qui développent la maladie particulièrement jeune avant 36 ou 40 ans ou des cancers très indifférenciés. « Ces tests ont désormais un intérêt thérapeutique, puisque les femmes porteuses d’une altération des gènes BRCA1 et BRCA2, voire d’une altération acquise au cours de la transformation tumorale de la cellule, répondent très bien à la chimiothérapie à laquelle peut être ajoutée une nouvelle molécule, pour mieux réparer l’ADN augmentant d’autant l’efficacité du traitement » explique Dominique Stoppa-Lyonnet, bien consciente que ces investigations augmentent aussi de façon très spectaculaire les chances de rémission. Côté prévention, la démonstration n’est plus à faire : « Ces tests génétiques doivent être systématiquement proposés aux femmes atteintes d’un cancer du sein pour prévenir celui de l’ovaire, bien plus préoccupant et en savoir le plus tôt possible, beaucoup plus sur les risques éventuels de transmettre la maladie, » conclut Dominique Stoppa-Lyonnet.

80 % d'entre nous sommes prêts à réaliser un test génétique pour prévenir un cancer et protéger les membres de la famille. Viavoice pour Institut Curie 2018

Ce que dit la loi

Une personne qui se sait porteuse d'une altération génétique associée à un risque de maladie, est tenue d'en informer ses apparentés quand des mesures de soin ou de prévention peuvent être mises en place comme le fait de proposer un suivi spécifique, voire de discuter une chirurgie préventive.

Pour limiter colère et culpabilité lorsque la transmission est confirmée

En parler en famille au moment où l'on fait le test, c'est-à-dire avant le résultat permet à tous les membres d'en discuter entre eux et d'envisager toutes les situations (prédisposé, non prédisposé...). Cela limite aussi les sentiments de colère et de culpabilité, fréquents lorsque la transmission de ce risque est ensuite avérée.

 

 

 

 

 

mnh mag | newsletter

Suivez toute l’actualité de la MNH !

The subscriber's email address.

En validant votre email, vous acceptez de recevoir la newsletter « MNH mag »

Vous pourrez facilement vous désinscrire à tout moment via les liens de désinscriptions présents dans chacun de nos mails.